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Contrats 2026 : les patatiers refusent d’accepter l’inacceptable

Alors que les producteurs traversent une campagne 2025/2026 parmi les plus éprouvantes économiquement, les annonces contractuelles intervenues ces derniers jours pour la campagne 2026/2027 dans le secteur de la transformation européenne de la pomme de terre font l’effet d’un véritable séisme pour la production française et plongent les producteurs dans une zone de crise économique profonde et durable.

L’UNPT dénonce une dérive préoccupante de dé-contractualisation, matérialisée par une réduction significative des volumes contractualisés à l’hectare, pouvant atteindre jusqu’à –20 %, et accentuée par la structure de certains contrats, qui permettra à certains opérateurs de se replier sur le marché libre en cas de retournement conjoncturel défavorable au producteur. Si l’ajustement de l’offre et de la demande constitue un levier économique connu, le ralentissement actuel du marché des produits finis (frites) relève avant tout d’un contexte conjoncturel, inscrit dans un environnement géopolitique et commercial instable, résultant d’anticipations industrielles qui ne se sont pas confirmées et dont les producteurs supportent aujourd’hui l’essentiel des conséquences.

Depuis plusieurs mois et dans le dialogue, l’UNPT appelle au contraire à un renforcement et à une sécurisation de la contractualisation, seule voie permettant d’ajuster les volumes au plus près des besoins du marché, tout en évitant un report massif et désorganisé des volumes vers le marché libre, facteur de déstabilisation durable.

Plus grave encore, l’UNPT constate que les prix contractuels proposés sont largement inférieurs aux coûts de production sur la partie engagée avec des niveaux annoncés en recul de -25 % par rapport à la campagne précédente[1],  alors même que les coûts de production ne reculent pas ! Ces propositions sont en rupture manifeste avec l’esprit et les objectifs des lois EGALIM et conduisent à un transfert intégral du risque économique sur les producteurs. Ces pratiques déséquilibrées entrainent dans leurs sillons toutes les productions : frais et fécule – dont la revalorisation de l’aide couplée intervenue cette année ne peut en aucun cas servir de variable d’ajustement pour compenser des niveaux de prix insuffisants.

Face à une asymétrie de risque désormais structurelle, qui pèse principalement sur la production, l’UNPT appelle les producteurs à la plus grande vigilance dans leurs décisions individuelles de plantation. Dans un contexte où la combinaison des niveaux de prix et des volumes contractuels proposés ne permet plus d’assurer la couverture des charges de production, chaque exploitant est invité à apprécier avec rigueur le dimensionnement de ses surfaces, au regard des volumes effectivement alloués, des exigences de qualité associées et de la viabilité économique réelle de ces engagements.

L’UNPT alerte avec gravité : s’engager dans un schéma de marché fondé sur des prix déconnectés des coûts de production et une déstabilisation organisée des équilibres de filière, c’est mettre en danger nos fermes et compromettre durablement l’avenir de la filière pomme de terre française dans son ensemble.


[1] Base « départ champs » autour de 130€T pour variété Fontane vs 180€T en 2025.

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