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Cadmium : l’Assemblée nationale vote une nouvelle surtransposition et tourne définitivement le dos à la « Souveraineté alimentaire »

Les organisations représentatives des grandes cultures française (AGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT) dénoncent avec consternation l’adoption cette nuit par l’Assemblée nationale de la proposition de loi visant à abaisser les seuils de cadmium dans les engrais phosphatés.
À l’image de l’examen de la loi d’urgence agricole, où les promesses de simplification ont en réalité conduit à davantage de surtranspositions et de complexité, les actes viennent une nouvelle fois contredire les discours.


Par 144 voix contre 22, les députés ont choisi d’imposer à l’agriculture française une surtransposition supplémentaire, alors même que ces mêmes responsables politiques affirment, depuis des mois, vouloir mettre fin aux distorsions de concurrence qui pénalisent nos producteurs face à leurs homologues européens et mondiaux.


Sur le cadmium, alors qu’une réglementation européenne existe déjà avec un seuil de 60 mg de cadmium/Kg de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore) applicable dans les 27 États membres, l’Assemblée nationale a choisi d’aller seule plus loin. Malgré le réexamen prochain du dossier par la Commission européenne et malgré le soutien du Gouvernement à une solution plus équilibrée, les députés ont adopté des seuils purement franco-français de 40 mg/kg dès 2027 puis de 20 mg/kg à partir de 2030.
Ce vote n’est ni une victoire de la science, ni une victoire de la santé publique. C’est avant tout une victoire politique des tenants de la décroissance agricole et… de leurs alliés de circonstance.
Depuis plusieurs années, une partie croissante de la classe politique poursuit la même logique : moins de production, plus de contraintes et toujours davantage de culpabilisation de ceux qui nourrissent le pays. Le cadmium n’aura été qu’un nouveau prétexte.


Car derrière les slogans, les faits sont têtus. Dans la filière pomme de terre par exemple, plus de 2 600 analyses réalisées entre 2009 et 2024 par les instituts techniques et interprofession démontrent une teneur moyenne de 0,026 mg/kg dans les tubercules, soit près de quatre fois inférieure à la limite réglementaire européenne.


Pourtant, durant tout le débat parlementaire, certains ont entretenu l’idée d’une alimentation française contaminée et d’un risque sanitaire généralisé. Cette présentation des faits est totalement fausse et profondément injuste pour les centaines de milliers d’agriculteurs qui appliquent quotidiennement les standards sanitaires les plus exigeants au monde.
Une nouvelle fois, la France s’impose des contraintes que ses voisins refusent. Une nouvelle fois, l’agriculture française sert de variable d’ajustement à une idéologie qui confond écologie et recul de la production.


À force de voter contre ceux qui produisent, investissent et nourrissent le pays, certains finiront par découvrir qu’un pays qui ne produit plus est un pays qui dépend des autres.
L’AGPB, AGPM, CGB, FOP et l’UNPT appellent désormais le Sénat à mettre un terme à cette nouvelle surtransposition et à replacer au coeur du débat la science, les faits, ainsi que les enjeux stratégiques et géopolitiques pour la France, en s’en tenant strictement à la règle européenne — rien que la règle européenne.
La question est désormais claire — le Sénat est-il pour ou contre les surtranspositions franco-françaises et la décroissance agricole ?

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