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Crise climatique 2026 : l’UNPT totalement mobilisée pour protéger les producteurs

Sécheresse persistante, vagues de chaleur successives, restrictions d’irrigation : la campagne 2026 place une grande partie des producteurs de pommes de terre dans une situation exceptionnelle. Les conséquences sont désormais visibles dans de nombreux bassins : pertes de rendement, problèmes de calibre et de qualité, sénescence accélérée des cultures, difficultés d’arrachage et incertitudes croissantes sur la capacité à honorer certains engagements contractuels.

Face à cette situation, l’UNPT est pleinement mobilisée depuis le mois de juillet, avec une priorité : obtenir la reconnaissance de la situation exceptionnelle de la campagne 2026 et protéger les producteurs face à ces conséquences économiques et contractuelles.

Plusieurs démarches engagées ces dernières semaines produisent aujourd’hui leurs premiers résultats.

Faire reconnaître officiellement le caractère exceptionnel de la campagne

Dès le mois de juillet, l’UNPT a alerté les pouvoirs publics et a engagé une démarche auprès des préfets des principaux départements des bassins de production pour demander que les conséquences de la sécheresse et des épisodes caniculaires soient officiellement constatées et reconnues. L’objectif est essentiel : disposer d’éléments objectifs et opposables permettant de caractériser l’ampleur de l’aléa climatique subi par les exploitations, notamment lorsque des producteurs se trouvent dans l’impossibilité d’atteindre les volumes initialement prévus.. et débloquer les aides potentielles que l’Etat serait en capacité de proposer à moyen terme. Les premières réponses des préfectures confirment progressivement la reconnaissance du caractère exceptionnel de la situation climatique dans plusieurs départements. L’UNPT poursuit ses interventions afin que les constats nécessaires soient réalisés dans l’ensemble des bassins concernés et que les producteurs puissent disposer des éléments utiles pour sécuriser leur situation. Cette reconnaissance ne règle évidemment pas, à elle seule, les difficultés contractuelles rencontrées par les producteurs. Elle constitue néanmoins un élément important pour objectiver l’aléa subi et appuyer les démarches individuelles et collectives qui devront être engagées au cours des prochaines semaines.

Irrigation : des interventions pour éviter des décisions incompatibles avec la récolte

Avec l’aggravation de la sécheresse, plusieurs bassins de production ont également été placés sous des niveaux renforcés de restriction de l’usage de l’eau. L’UNPT est directement intervenue auprès des préfectures concernées, notamment par un courrier adressé le 5 août, afin que les spécificités agronomiques de la pomme de terre soient prises en compte. Nous avons notamment alerté les services de l’État sur les conséquences qu’aurait un arrêt total de l’irrigation : au-delà de la perte supplémentaire de rendement, l’absence totale d’eau peut accélérer la sénescence, dégrader la qualité des tubercules mais également rendre les conditions d’arrachage particulièrement difficiles lorsque les sols deviennent excessivement secs et durs. L’UNPT a donc demandé que puissent être préservés, lorsque la situation de la ressource locale le permet, des apports minimaux nécessaires à la sécurisation des cultures et des chantiers d’arrachage. Ces interventions ont permis d’obtenir ou de conforter, dans plusieurs territoires, des dérogations ou adaptations spécifiques permettant de maintenir certains usages de l’irrigation pour la pomme de terre. L’UNPT reste en lien avec les structures locales et les services de l’État afin d’intervenir lorsque des situations particulières le nécessitent.

Contrats : anticiper maintenant les difficultés de livraison

La baisse des rendements fait également naître une inquiétude majeure : celle de producteurs qui pourraient ne pas disposer des volumes nécessaires pour honorer intégralement leurs contrats.

L’UNPT travaille sur ce sujet depuis juillet. Une notification type à destination des acheteurs a été mise à disposition des producteurs afin qu’ils puissent signaler sans attendre les difficultés prévisibles d’exécution de leurs engagements. Cette démarche est importante : elle permet de matérialiser la difficulté rencontrée, de conserver la preuve de l’information transmise et surtout d’ouvrir suffisamment tôt la discussion avec l’acheteur. En parallèle, l’UNPT finalise une FAQ juridique complète, qui sera diffusée fin août. Elle permettra aux producteurs d’apprécier leur situation au regard de leur propre contrat et des différents cadres rencontrés dans la filière : contrats français, contrats belges, RUCIP, clauses de force majeure ou d’aléa climatique, pénalités, possibilités de renégociation et voies de règlement des différends. L’objectif est clair : donner aux producteurs les outils nécessaires pour ne pas affronter seuls les conséquences contractuelles d’un événement climatique exceptionnel.

L’UNPT demande l’ouverture de discussions de crise avec l’aval

La situation ne peut toutefois pas être traitée uniquement exploitation par exploitation. Les conséquences de la campagne 2026 concernent désormais l’ensemble de la filière. L’UNPT a donc demandé la convocation de réunions de crise au sein des deux interprofessions, le GIPT pour le secteur de la transformation et le CNIPT pour le marché du frais, afin d’ouvrir rapidement les discussions avec les opérateurs de l’aval. Pour l’UNPT, la situation climatique exceptionnelle doit conduire l’ensemble des acteurs à rechercher des solutions pragmatiques concernant notamment les volumes qui ne pourront pas être livrés, les conditions d’exécution des contrats, les éventuelles pénalités, les difficultés de qualité ou de calibre et, plus généralement, le partage des conséquences de l’aléa climatique. Il n’est pas acceptable que les pertes provoquées par une situation climatique exceptionnelle soient simplement reportées sur les producteurs au moment des livraisons. L’UNPT portera cette position dans les discussions interprofessionnelles avec les acheteurs et les transformateurs.

Objectiver la situation pour peser dans les décisions

Enfin, depuis le début de la campagne, l’UNPT réalise chaque semaine des prélèvements dans les principaux bassins de production. Ces données permettent de suivre précisément l’évolution des rendements et des calibres et, surtout, d’objectiver la réalité de la situation auprès des pouvoirs publics et des acteurs économiques. Ce travail de terrain est indispensable : pour défendre efficacement les producteurs, nous devons pouvoir démontrer, chiffres à l’appui, l’ampleur et le caractère exceptionnel des pertes constatées.

Reconnaissance de l’aléa climatique auprès des préfets, interventions sur l’irrigation, sécurisation juridique des producteurs, notification des acheteurs, suivi des rendements et ouverture de discussions de crise avec l’aval : l’UNPT agit simultanément sur tous les leviers disponibles.

Les prochaines semaines seront déterminantes, à mesure que les arrachages permettront de mesurer précisément les pertes et que débuteront les discussions sur l’exécution des contrats. L’UNPT restera pleinement mobilisée pour que les conséquences de cette campagne exceptionnelle soient reconnues et qu’elles ne reposent pas uniquement sur les producteurs.

Nous continuerons à informer régulièrement les producteurs des résultats obtenus, des démarches en cours et des outils mis à leur disposition.

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